Le métier de paludier

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De tous temps les bons paludiers ont été considérés comme honnêtes, et travailleurs. Les salines ayant toujours appartenu aux classes dirigeantes (clergé, noblesse, Duc de Bretagne, Roi) le salaire (mot qui vient de sel) du paludier n'avait rien à voir avec la valeur du produit qui était lui-même un formidable générateur de pouvoir et de taxes.

Les faibles moyens de stockage combinés avec la grande variabilité des récoltes ont conduit jusque dans les années 1970 (arrivée de la bâche plastique), à des variations de cours du prix du sel importantes, mettant périodiquement à mal la profession.

gwenael-rioJusque dans ces années le métier était familial, chacun ayant son rôle à tenir, le marais était peuplé de toutes les générations qui contribuaient ensemble à son exploitation. Le déclin de cette période a obligé nos pères à cultiver de plus en plus de surface et les exploitations de 100 à 120 œillets n'étaient pas rares. Les femmes sont allées travailler à l'extérieur, les enfants et les anciens ont déserté le site.

La fleur de sel, qui servait beaucoup à saler les sardines, a connu une mévente du fait de la fermeture des conserveries locales.

Le métier était donc très dur et peu rémunéré. Les nouvelles méthodes de commercialisation, instaurées par quelques structures visionnaires, et heureusement développées en particulier par des néo paludiers ont conduit, combinées avec la mécanisation de certaines tâches ingrates, à de meilleurs revenus et au redéveloppement de la profession.

Aujourd'hui, l'exploitation moyenne est de 50 à 60 œillets, et beaucoup plus de tâches sont déléguées.

Fort heureusement il reste une grande disparité de revenus entre les médiocres producteurs et les véritables paludiers, qu'ils soient ou non issus du cru.

le-metier-de-paludierLe métier permet de disposer de beaucoup de temps d'octobre à janvier, mais impose de grosses contraintes pendant la récolte.

Le nettoyage des vasières à lieu en hiver, et cette opération est bien souvent effectuée à la pelleteuse

Le travail habituel de nettoyage et de préparation commence suivant la météo en janvier par le nettoyage des « cobiers » et autres tours et parties périphériques.

Vient ensuite l'habillage qui consiste à retirer la vase des « fares » et à refaçonner les ponts.

thumb boutageopération de boutagethumb operation-de-boutageOn nettoie ensuite les « adernes », et finalement les « œillets », par le pontage, le boutage , puis le déchargeage qui a lieu lorsque le sel arrive (au début juin).

 

 

adernesEtat du bassin lors du nettoyage des adernes

pontagepontagepontage-2Toutes ces tâches successives sont dictées par la météo, car chacune doit avoir lieu quand l'eau arrive à une certaine salinité. Suivant le temps elles peuvent prendre entre 2 mois et demi et 5 mois de travail.

 

thumb chaussageChaussageL'hiver est une période très calme mais on a toujours à faire comme le nettoyage des « vasières » (où la pelleteuse ne peut pas passer), ou des travaux de remise en état ou d'entretien exceptionnels tous les 10 ou 20 ans.

Le bennage qui constitue la remise à niveau des « fares » qui s'encombrent de végétation sédimentaire appelées « les coques » a lieu tous les 10 ans.

Le chaussage qui restitue la forme et le niveau du fond des œillets est quant à lui réalisé tous les 20 à 30 ans.

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